Le moi d'août a une particularité : Santini reste à Issy-les-Moulineaux et il rencontre tous les journalistes en mal d'interview. Cette année il s'est curieusement montré en dessous de son niveau habituel. Sa verve semble s'être engluée dans des affirmations qui, dans la chaleur de l'été ne sont pas vitales, mais sont pourtant porteuses de questions importantes.
Les fonctionnaires par exemple : le maire d'Issy, également secrétaire d'État à la fonction publique s'est pris les pieds dans le tapis. Selon lui, près de 1/4 de la population active est fonctionnaire !
En réalité, en 2005, la population active française regroupe 27 637 000 personnes. 5,2 millions de personnes travaillent pour l'État (titulaires et précaires), les collectivités territoriales et services de santé public (titulaires et contractuels). Cela fait 18% !
La France est dans la norme des autres pays quand on additionne les salariés travaillant pour les services équivalents. Pour faire vivre un pays, il faut construire des équipements publics, écoles, hopitaux, tribunaux, prisons, réseaux de transport et d'énergie ; les faire fonctionner et les gérer. Les habitants seront toujours les financeurs de ces services publics, par l'impôt ou par les tarifs des services.
Aujourd'hui, le sujet important n'est pas le nombre mais la qualité des agents publics. Quelles missions relèvent de l'État et des différentes administrations, comment faire évoluer les carrières et gérer la mobilité. Tous ces aspects de la modernisation de notre pays n'ont pas attendu les déclarations à l'emporte pièce de Santini. C'est depuis 2000-2001 qu'ont été engagées des réformes structurelles, en particulier sur le financement des actions publiques.
D'après le Conseil d'État, l'un des grands enjeux auxquels se trouvent maintenant confrontés les agents publics est "la nécessaire adaptation des règles de gestion de
la fonction publique aux exigences de la gestion des ressources
humaines». En un mot, appliquer les normes habituelles aux fonctionnaires. Vu le retard pris sur les rémunérations, les conditions de travail, la reconnaissance des acquis, la formation professionnelle, la politique sociale et les relations professionnelles, je ne suis pas certain que l'État employeur veuillent vraiment engager les discussions. C'est plus facile de faire des effets de manche à la radio.
(*) Le Principe de Peter, de Lawrence J. Peter et Raymond Hull, est une satire de l'organisation du travail. Il est paru originalement sous le titre The Peter Principle (1969).


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