Stupeur !
Je sais bien que l'été permet toutes les divagations, que l'on se laisse mollement aller.
Les journalistes de permanence cherchent des bon mots pour remplir les maigres colonnes que leur journal leur laisse après qu'on a parlé de Sarkozy, sa famille, ses amis. Et Santini, toujours prêt à rendre service, toujours là quand les autres font du canoé pour faire fondre leurs bourrelets, parle de tout et de rien.
Et il lui arrive de en nous sortir de bonnes. La dernière est sur la climatisation des tours qu'on va voir fleurir, selon son bon vouloir, à Issy-les-Moulineaux. D'après lui, elles seront rafraîchies par des "puits canadiens". C'est une bonne idée pour éviter la clim coûteuse en énergie fossile et je souhaite que cela soit vrai.
Mais pris qu'il est par son travail harassant du secrétariat d'État, il a mal lu la fiche que lui avait préparé son cabinet. Selon lui, "on descend dans la nappe phréatique pour refroidir les bâtiments".
Or un puits canadien (appelé puits français au Québec) est est un système de circulation d’air qui vise à réchauffer un local en
hiver et à le refroidir en été en faisant circuler dans des
canalisations étanches enterrées à faible profondeur, l’air destiné au renouvellement de
l’ambiance intérieure des locaux. En effet, à quelques mètres sous
terre, la température est constante et modérée, correspondant à la
moyenne des températures annuelles du lieu. Cette température est donc
plus basse que l’air extérieur en été et plus élevée en hiver. Ainsi,
d’un point de vue énergétique, l’adoption d’un puits canadien
permet une économie d’énergie (chauffage et climatisation) et d’éviter
les rejets de CO2 liés à l’énergie économisée. Pour info, la région Ile-de-France subventionne l'installation de ces équipements. Le schéma de principe s'applique aux maisons individuelles, mais aussi aux bâtiments importants. Couplé à une pompe à chaleur, cela permet de limiter fortement la consommation d'énergie.
On est loin de la nappe phréatique évoquée par le maire d'Issy. C'est assez approximatif comme idée, une sorte de géothermie à l'envers. Sans compter les risques pour la qualité de l'eau profonde ; mais ça, le syndicat des eaux d'Ile-de-France trouverait bien un moyen, avec Véolia, pour nous refacturer un supplément genre "rétablissement de la qualité de l'eau après utilisation par la tour Bouygues". C'est la modernité vision Santini.
Pour ce qui est des tours "propres", avec puits canadiens, éoliennes, solaire et tout et tout, les bétonniers sont sur le coup. Ils s'associent avec des architectes connus ou moins connus pour nous vendre le concept le plus hypergreen du moment. Ca rappelle un peu la littérature des années 60 sur la construction des grands ensembles de banlieue. Ce devaient être des villes idéales, au vert et à l'air, avec tout le confort moderne, les commerces, les activités et même des parking. La Cité de l'Architecture et du patrimoine possède les prospectus des fabricants de rêve de cette époque, bétonniers, architectes et politiques associés (je le sais, c'est moi qui les ait triés en 1985 pour qu'ils soient déposés aux archives nationales). 40 ans après, on a vu le progrès. On nous refait le coup aujourd'hui, sans digérer l'histoire, toujours sans se soucier de l'avis des gens. Le monde n'a pas encore changé, mais c'est normal, ce sont encore les mêmes qui sont aux commandes.


L'adresse indiquée plus haut pour l'architecture bioclimatique est sans doute devenue :
http://futura24.site.voila.fr/archi/archi.htm ( Habitat et architecture )
comme cela se voit par comparaison.
De très bonnes pages surtout sur l'énergie.
Rédigé par : Berchet | 18 novembre 2007 à 13:25
"La géothermie est l’énergie produite par la chaleur interne de la terre : la température du sol augmente, en effet, de trois degrés tous les 100 mètres en moyenne.
[...]
Il faut distinguer la géothermie superficielle de la géothermie profonde.
Dans le premier cas, la chaleur est récupérée à une faible profondeur (quelques mètres) par capteurs enterrés horizontaux ou verticaux. Il s’agit d’un mode de chauffage réservé principalement aux particuliers et qui implique l’utilisation d’une pompe à chaleur, dispositif thermo-dynamique permettant de puiser de l’énergie calorifique dans une source froide (nappe phréatique, rivière, lac, sol) pour la réinjecter dans une source chaude (radiateur, plancher chauffant, air pulsé). En fonction de la nature des sources froides et chaudes, on parle de système eau-eau, sol-eau, ou air-eau."
Ce texte, issu du rapport n°436 du Sénat http://www.senat.fr/rap/r05-436/r05-4361.pdf , insiste sur l'importance des collectivités territoriales et locales dans le développement des énergies renouvelables notamment géothemiques.
Il va plus loin que le rapport n°426 http://www.senat.fr/rap/r05-426/r05-4261.pdf des sénateurs Pierre LAFITTE et Claude SAUNIER (PS) sur la transition énergétique.
Il est une fois de plus décevant de voir que vous stigmatisez les mots de votre adversaire mais qu'au final vous vous trompez de maux.
Dans le cas présent vous ne citez ni la source, ni le projet auquel vous faites référence. Impossible de juger donc.
Marre des tours de bureaux, des centres commerciaux, des forts numériques, 4 voies et autres téléphériques.
J'aurais préféré un avis un peu plus intelligent sur l'aménagement durable de notre territoire.
Je ne perds pas espoir et continuerai à vous lire.
Rédigé par : déçu | 20 octobre 2007 à 23:39
Des réalisations plus sérieuses sont visibles à partir de cette page :
http://futura24.site.voila.fr/futura02/archi.htm
L'architecture bio-climatique est une réalité, même en France (très peu) et beaucoup plus développée dans d'autres pays.
Rédigé par : Berchet | 30 septembre 2007 à 16:44
oui,
en ce domaine de la qualité architecturale et envoronnementale,
il faut être très prudent sur les annonces qui relèvent bien souvent d'une politique de communication,
voire de l'auto-suggestion....
Rédigé par : françois | 17 septembre 2007 à 08:44