Le député Lefebvre aurait écrit ! Le journal a publié son communiqué de presse, le premier. J'espère que nous serons tenus régulièrement au courant des faits et gestes complets de notre député, exlobbyiste pour le sucre, les jeux et le tabac. Il veut, selon le Parisien du jeudi 23 août, "relancer le débat sur la responsabilité des médecins....s'il a bien fait son travail .... s'il y a faute ou pas...".
Tout cela est bel et bon. Mais que va faire notre député, qu'a fait notre ancien député pour aider le ministère de la Justice à se doter des moyens raisonnables pour que la médecine pénitencière puisse faire son travail ?
Depuis la loi de 1994 voulue par la Gauche (Michel Vauzelle, Garde des Sceaux et Bernard Kouchner , ministre de la Santé) qui a marqué une révolution pour la santé dans les prisons, que s'est-il passé ? Où sont les médecins, les équipes de suivi et de soin ? Que deviennent les malades, cancéreux par exemple, qui restent en cellule car on manque de gardiens pour les faire transférer à l'hôpital, leurs soins étant reportés de semaine en semaine ? Comment un médecin qui doit suivre des centaines de prisonniers peut-il faire correctement son travail ? Les moyens n'ont pas été donnés à la médecine en prison, pas plus qu'aux établissements pénitentiaires eux-mêmes, alors que la population carcérale ne fait qu'augmenter, au rythme des lois sécuritaires du gouvernement Sarkozy et maintenant de la présidence Sarkozy.
N'oublions pas que la France a été condamnée en 2006 par la Commission nationale consultative des droits de l'homme pour non-respect élémentaire de la personne en prison. Le président du Comité consultatif national
d'éthique (CCNE) a rendu un avis accablant en décembre 2006 sur la santé et la médecine en prison. Véritable plaidoyer pour changer le regard de la société sur l'univers carcéral, ce rapport est pour M. Didier Sicard « une
interpellation vive et précise du retentissement de l'incarcération sur
la santé physique, mais aussi mentale des détenus, souvent passée sous
silence. »
Les infirmiers et les médecins sont partagés entre leur rôle de soignants et
leur appartenance au monde carcéral obsédé par la sécurité et dont le
seul souhait est que le médecin soit un prescripteur de psychotropes, pour avoir la paix et le silence.
« Une opinion publique, sensible aux seuls impératifs
sécuritaires, finit par méconnaître le fait que la sécurité passe plus
par un traitement carcéral digne des personnes que par l'indifférence,
le mépris ou la vengeance », conclu le comité.
Alors, oui, Monsieur mon député, vous avez raison de poser la question de la responsabilité du médecin. Mais n'oubliez pas la responsabilité du gouvernement qui laisse se dégrader la situation générale dans les prisons. Aujourd'hui, la France est au 26e rang européen pour le budget de la justice... Il faut dégager des moyens pour appliquer enfin les lois déjà votées par le parlement dont vous faites maintenant partie.


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