C'est curieux, dans la presse, dans les commentaires, dans les discussions du café du commerce, cette focalisation sur les bravos et les sifflets des militants pour l'un, l'une ou l'autre des candidats à l'investiture socialiste. Ce n'était pas le principal, et, d'où j'étais au Zénith (centre gauche, 5 rangs au-dessus des chaises des apparatchik) je n'ai pas du tout ressenti ce que décrivent les journalistes. Quelques groupes constitués, disséminés dans l'assistance, pour l'un, l'une ou l'autre, se sont exprimés par applaudissements, piétinement ou lazzi.
« Tu peux siffler camarade, moi je t'aime » a dit Dominique Strauss-Kahn, qui a eu, comme les deux autres, sa dose de bruit.
Le pathétique a tout de même été Laurent Fabius qui a fini sa conclusion dans le brouhaha des départs des militants, fatigués par une soirée qui avait démarré en retard.
On en oublie ce qui a été dit et les différences d'approches entre eux. Les débats à la télévision et les interventions dans ces réunions, dans toutes les réunions du Parti Socialiste, à tous les niveaux sont notre histoire en marche, avec trois conceptions majeures.
Le socialisme doctrinaire, dans la droite ligne de la gauche historique, qui attend tout de l'État, de ceux qui savent ce qui est bon pour le Peuple. Dans une représentation du monde faite des ruptures révolutionnaires que nous ne réussissons pas à construire.
Le socialisme gestionnaire qui tente de corriger les excès du capitalisme outrancier. Posture offensive, espérant un dialogue social constructif face à la désintégration de notre modèle social. Mais notre pays n'a pas de syndicats ou de corps intermédiaires capables de jouer le même rôle que dans les social-démocraties.
Et puis un petit air différent, une petite musique d'une gauche assumée qui fait confiance aux gens. Un air qui nous transmet la vie aujourd’hui dans notre pays, un air qui nous bouscule, nous socialistes dans le ronron de notre idéologie. Un air qui nous impose de nous redemander ce qu’est la gauche, et quelles sont les valeurs qui nous portent.
Une autre façon de faire de la politique, d’y associer toutes celles et tous ceux qui souhaitent participer de façon permanente à la construction de la société de demain. Cela bouscule nos élites installées, cela maltraite l’appareil socialiste, les anciens militants comme moi, mais cela attire largement au-delà de notre parti.
Trois approches différentes, légitimes, socialistes. J’apprécie vraiment ces trois personnes, socialistes convaincues et convaincantes. Ces échanges sont à l’honneur de notre Parti. Ils sont utiles pour comprendre ce qui mène les trois candidats. Et comme nous en sommes tous d'accord, nous allons avoir besoin des trois, mais aussi de nous tous.
Pourtant il va falloir choisir entre eux.
J’ai des convictions fortes sur ce que pourrait être une société idéale, faite de solidarité et de partage, de réelle liberté de pensée et d’éducation populaire.
Et je n’ai pas de certitudes, sauf une : il faut battre la droite en 2007.
Notre avenir est entre nos mains. Nous devrons, contrairement à ce que nous avons laissé faire dans les années 90, prendre notre part de la décision politique. Etre acteur du changement et ne pas croire en l’homme, en la femme providentielle, mais être capable de construire des compromis qui permettent d'avancer sur la voie du progrès social et de l'émancipation des Hommes.
Dans sa démarche, c’est ce que nous montre Ségolène Royal. Elle propose de repartir des quartiers, des villes, des régions pour reconstruire le socialisme. Je pense qu’elle a raison et que les habitants de ce pays attendent ce vent nouveau.
Nous pouvons être porteurs de cette espérance en choisissant sans hésiter et largement notre candidate pour gagner face à la droite en 2007. Alors commencera l’aventure du relèvement de ce pays, de ses institutions, de ses pratiques et démocratie devenue adulte, nous pourrons réveiller l’Europe.
Pour moi, il faut que notre candidate soit désignée de façon incontestable pour que nous puissions porter fièrement ce choix devant les électrices et les électeurs.










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