Manifestement, avec le CPE, le pouvoir a décidé le passage en force face à une large majorité du pays.
Après un processus d’adoption antirépublicain : non respect de la loi Fillon qui impose la négociation préalable des partenaires sociaux, amendements non discutés, vote sans débat, le gouvernement, soutenu par le président de la République instrumente la démocratie et le parlement au service d’intérêts personnels. La dérive autoritaire est patente. L’opposition face aux décisions iniques du pouvoir ne peuvent plus se manifester que dans la violence et l’affrontement.
Ce mépris des procédures de la délibération parlementaire, le dédain pour la démocratie sociale montre que la 5e République ne peut plus répondre aux enjeux d’un monde ouvert et libre.
Face aux échecs de notre République, il est urgent de revenir aux enjeux de la démocratie et de faire enfin le pas vers une autre forme de gouvernance qui privilégie le partage des décisions, la délégation assumée, la transparence de l'information.
Une démocratie adulte doit interdire tout cumul de mandat électif, et limiter le renouvellement à deux ou trois mandats maximum. Les syndicats de communes ou de collectivités ne devraient pas pouvoir être présidés par les membres des exécutifs locaux. Donnons plus de responsabilités à plus de monde. Ces seules mesures tripleraient le le nombre de personnes investies ; une bouffée d’air frais pour tous ceux, femmes, jeunes ou vieux de différentes couleurs, qui ne trouvent jamais une place parce qu’il faut préserver le siège de quelque cacique. On pourrait aussi faire que les conseils des structures intercommunales, qui aujourd’hui éloignent les décisions des habitants, soient élus au suffrages universel. Cela obligera a réfléchir sur le nombre et l’enchevêtrement de nos structures qui rendent impossible de savoir qui est responsable de quoi.
Enfin, sortant du culte de l’homme providentiel qui est capable de tout gérer et qui sait, par nature ou par naissance, ce qui est bon pour le peuple, nous espérons voir émerger de véritables contrepouvoirs à travers la justice et les organisations représentatives qui soient garants du respect de l’intérêt général et permettent à tous, associations, groupements d’habitants ou simples citoyens de s’exprimer sur les décisions qui sont prises en leur nom.
Faudra-t-il que la disparition de la 5e République se fasse dans les pleurs et la douleur de la crise ? Y-a-t-il encore des interlocuteurs censés au Palais de l’Elysée ? Il faut l’espérer avant que la désespérance violente et spontanée d’une jeunesse oubliée ne se généralise.





Les commentaires récents