L'horreur de 2006 c'est que les média, le personnel politique, les partis ne vont penser qu'à une chose : les élections présidentielles de 2007.
La droite rêve d'un retour au leader maximo, les éléphants du PS pensent tous qu'ils vont être l'Elu et nous regardons cela d'un oeil navré, tant la vie de millions des habitants de ce pays est éloignée de ce jeu de dupes.
Notre démocratie ne fonctionne plus, grippée, rouillée, bloquée dans des schémas du passé, où, derrière l'homme providentiel se coulaient les organisations et les citoyens.
Dans un monde ouvert aux vents du large, dans une Europe où les démocraties ont depuis longtemps su créer les conditions de la participation et ont développé des contre-pouvoir, comment croire que le salut passe par un Président de la République. Monarque élu, il dispose de trop de pouvoirs, et il n'a pas à rendre compte, surtout depuis le quinquennat et l’inversion du calendrier. Maintenant l’Assemblée Nationale n’est plus qu’une chambre d’enregistrement avec un premier ministre qui n’a plus à tester sa responsabilité. Nous sommes dans le règne de l’arbitraire et rien ne peut changer sans un renouvellement fort de nos pratiques démocratiques.
En Europe, partout autour de nous, les pays sont gouvernés par un premier ministre, qui doit rendre des comptes à l’assemblée parlementaire. Partout autour de nous, les chefs d’États, qu’ils soient de droit divin ou élus n’ont aucun pouvoir de gouvernement. Ne peut-on, pour faire avancer l’Europe, plutôt tenter de se rapprocher de ces modèles qui ont fait leurs preuves en matière d’avancées sociales et de respect des institutions ?
Rendre le pouvoir au Parlement est un bel objectif. Faire que la justice soit indépendante est une grande idée qui demande de tourner le dos à nos pratiques séculaires de prébendes et de passe-droits. Supprimer tout cumul de mandat, limiter leur durée dans le temps et permettre un seul renouvellement viendrait utilement donner de l’air à notre système politique. Nos élus actuels regrettent que notre système ne fonctionne pas bien. Leurs cris d’orfraies sont d’une mauvaise foi tellement flagrante qu’il ne faut pas s’étonner si les Français se détournent des élections alors qu’ils ont envie de politique, envie de débat, envie de faire bouger les marges imposées par les idéologues de la régression mondialiste.
La droite, qui se croit historiquement de pouvoir divin, veut nous entraîner dans le régime présidentiel, où un seul homme décidera de tout. Quelle audace dans un pays où rien ne vient contester l’ordre établit, où les jeux politiciens de ceux qui savent ce qui est bon pour le peuple évitent malgré tout de lui demander trop souvent son avis. C’est un modèle de régime autoritaire, partagé par certains des extrêmes des deux bords confits dans leurs certitudes, qui ne fait aucune confiance à la population dans la construction de son avenir collectif.
A gauche par conformisme, certains se couleraient bien dans ce moule d’un régime présidentiel à l’américaine. Ils oublient pourtant que notre histoire n’est pas celle d’un pays jeune qui devait s’identifier rapidement à son système politique. Ils oublient que là-bas les garde-fous sont multiples. Surtout, il y a trop de plans de carrières pour que l’on ait confiance dans l’avenir qu’ils nous proposent.
Il est temps de penser à la 6e république pour retrouver la fierté de la démocratie et que les habitants de ce pays aient des institutions ouvertes, permettant de retrouver le sens de la fraternité dans une liberté garantie par des contrepouvoirs tangibles. N'acceptons pas l'enfermement individuel dans le désespoir d'un avenir angoissant. Nous sommes les ressources pour qu'ensembles nous reprenions la mains sur nos futurs.


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